
FEMMES DU MOYEN-ÂGE – HILDEGARDE DE BINGEN
Le 17 septembre, l’Église célèbre sainte Hildegarde de Bingen, moniale bénédictine, mystique et docteure de l’Église. Femme aux multiples talents, elle a marqué son époque par ses écrits, sa musique, sa connaissance des plantes et surtout par une vision de l’être humain où corps, âme, alimentation, spiritualité et rapport à la Création sont intimement liés.
Une approche étonnamment actuelle, que notre Service de la spiritualité a d’ailleurs mise à l’honneur à plusieurs reprises à Genève, à travers des parcours de découverte, des temps de ressourcement ou encore la pratique du jeûne hildegardien.
À l’occasion de sa fête, redécouvrons le portrait de cette figure exceptionnelle du Moyen Âge, proposé par l’abbé Alain René Arbez.
Hildegarde de Bingen
Hildegarde von Bingen (1098-1179) est une moniale bénédictine de Rhénanie. Elle est devenue célèbre pour ses dons polyvalents : spirituels, médicaux, littéraires, poétiques, musicaux.
L’âme, le corps et l’alimentation
Élue abbesse du monastère bénédictin de Disibodenberg à l’âge de 38 ans, Hildegarde fonde l’abbaye de Rupertsberg en 1147. Visionnaire, elle est convaincue que la spiritualité englobe tout l’être. Elle croit aussi que la médecine doit soigner simultanément l’âme et le corps.
Soucieuse de prévention, elle incite à soigner particulièrement son alimentation.
Cette intuition expérimentée donnera naissance des siècles plus tard à la naturopathie. Hildegarde publie « Physica » où elle répertorie animaux et plantes avec leurs pouvoirs thérapeutiques. Aussi, « Causae et curae » est une synthèse contre les maux physiques et psychiques, qui annonce le concept moderne de la somatisation des tourments psychiques.
La musique
Pour Hildegarde, la musique est une symphonie de l’âme. Elle compose une série de chants pour les offices, ce qui est une exception féminine pour l’époque. Son rayonnement est tel, qu’elle entretient des liens épistolaires avec les grands personnages de son temps : les archevêques, les papes, les rois, les empereurs reçoivent ses admonestations et ses conseils avisés.
Sa procédure de canonisation a abouti en 2012, ce qui en fait une femme Docteur de l’Église.
Image: Par Auteur inconnu — Miniatur aus dem Rupertsberger Codex des Liber Scivias., Domaine public, https://commons.wikimedia.org
