
Billet de mai, le mois de Marie
Dans la tradition catholique, le mois de mai est associé à la figure de Marie, la mère de Jésus.
Loin des images stéréotypées qui représentent souvent Marie les mains jointes, la tête inclinée et le regard presque voilé de tristesse, dans une attitude de soumission, les Évangiles nous livrent l’image d’une femme forte, déterminée, certes humble et obéissante, mais ni faible ni soumise. Dans une société patriarcale comme celle du judaïsme, où la femme comptait pour bien peu de chose, Marie s’est retrouvée à assumer, une responsabilité et une mission disproportionnées par rapport à son âge. Sa grossesse prodigieuses et atypique l’a exposée au risque d’être lapidée. Peu importe que l’auteur de ce prodige soit le Saint-Esprit, peu importe si Joseph, homme juste, a accepté d’assumer la paternité légale de Jésus… aux oreilles humaines, cela est inouï et inaudible, tout comme est inouïe la nouvelle de la Résurrection du Christ que tous avaient vu réellement crucifié, mort et enterré.
“Marie, gardait toutes ces choses et les repassait dans son cœur” (Lc 2,19) nous disent souvent les Évangiles. Elle parle peu, mais elle agit, elle vit. Qui sait si elle a discuté avec Joseph au sujet de cet enfant “Fils du Très-Haut” qui, à 12 ans, discutait avec les maîtres et les docteurs de la loi, lui qui avait en même temps appris le métier de charpentier.
Quelle solitude, dans un crescendo de douleur, en voyant son fils sur le chemin douloureux qui le menait au Calvaire, portant dans son cœur cette épée que le vieillard Siméon avait annoncée. Quelle solitude dans l’impuissance face à la douleur provoquée par les clous qui transperçaient le corps de ce Fils qu’elle a porté, sevré, gardé, éduqué, aimé.
« Marie est une femme forte, tout comme le sont les nombreuses mères qui doivent survivre à leurs enfants »
Marie est une femme forte, tout comme le sont les nombreuses mères qui doivent survivre à leurs enfants, qui les pleurent à cause d’une mort prématurée, que ce soit à cause de la guerre, d’un accident ou d’une maladie.
Marie est une femme et une mère, une figure proche de la vie quotidienne de chaque être humain. C’est pourquoi la dévotion est très forte et Marie est souvent priée et invoquée par les fidèles.
La mère est un symbole de force et de résilience, de tendresse et de compassion.
Marie, toi qui sais ce que signifie perdre un enfant, nous te prions pour toutes les mères qui souffrent de la perte d’un enfant.
Profitons de ce mois de mai pour intercéder sans cesse, inlassablement, pour le don de la paix.
Marie, Reine de la Paix, prie pour nous.
Bonne fête des mères, bon mois de mai.
Sr Rossana Aloise
Bureau Pastoral
Eglise catholique romaine-Genève (ECR)
Mai 2026
Image Vierge Marie – mosaïque Rudolf Jettmar (1869-1939) – Vienne – Crédit photo: Fred de Noyelle / Godong

