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Méditation en pleine conscience : Témoignage

Etes-vous tenté par la méditation ? Notre collaboratrice Priscillia Chacón s’est essayée à la méditation en pleine conscience, un « programme qui invite à s’entraîner à diriger son attention de façon volontaire vers un endroit de son corps ou une pensée, avec bienveillance, sans jugement » explique Lia Antico, doctorante en neurosciences et en sciences affectives à l’Université de Genève. Elle anime des cours de méditation en pleine conscience au Temple de Plainpalais.

« Asseyez-vous le plus confortablement possible. Fermez les yeux. Explorez les parties de votre corps qui sont en contact avec le sol. Observez le rythme de votre respiration. » J’essaie de suivre les instructions données par la voix claire et apaisante de Lia, qui nous guide dans cet exercice:

15 minutes pour commencer

« Commencez par porter votre attention sur les sons qui vous entourent. Essayez de vous concentrer sur leur qualité, plutôt que sur leurs significations. »

J’entends au loin la circulation autour de la plaine de Plainpalais, un tram… ah oui, je vais prendre le 15 pour rentrer tout à l’heure ça sera plus rapide…hum je dois ramener mon attention sur la qualité du son… à l’intérieur de la pièce, un tic tac régulier, une porte qui claque, puis un son plus long et aigu à l’extérieur…Pas trop difficile en fait de laisser ces sons me traverser sans faire fonctionner mon imagination. Je dois être fatiguée ce soir.

« Maintenant vous allez faire le même exercice avec vos pensées. Essayez de les voir comme des éléments naturels de votre esprit. Observez et accueillez leur apparition et disparition. Vous pouvez imaginer votre esprit comme le ciel et vos pensées comme les nuages. Les nuages arrivent et partent, mais le ciel reste. »

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Identifier les sensations corporelles et les émotions

Pas mal l’image du ciel et des nuages, ça peut m’aider. Bon pensée, pensée. Hum le ciel est déjà bleu. C’est la page blanche là… Je vois une immense et belle fleur. Ça doit être l’arrivée du printemps, ou l’énorme bouquet que j’ai reçu ce matin. Je ne sais pas quand je vais écrire cet article, en plus dimanche je travaille toute la journée. Et cette solitude qui me pèse. Bon, essaie de te distancer de tout ça, comment? Je ne vois pas trop comment faire. « Puis faites un scan corporel pour identifier les sensations corporelles et les émotions qui surgissent en lien avec les pensées que vous avez. »

Ah j’ai l’impression que je sens mon estomac, et mes jambes aussi. Tiens mes jambes ben oui mes jambes qui me font parfois mal depuis quelques mois, qui m’empêchent de dormir…ça va un peu mieux mais bon. Je pensais que c’était lié au stress du boulot. Il y aurait un lien entre ce problème aux jambes et la solitude qui me pèse? Faut que je creuse ça !

« Prenez une respiration profonde. Petit à petit vous pouvez rouvrir les yeux et revenir dans la salle. » OUF, je ne me suis pas endormie! Mais j’ai l’impression de me réveiller comme après une sieste. L’exercice a duré quinze minutes en tout.

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Lia nous invitera ensuite à partager deux par deux librement sur ce temps de méditation, puis à échanger tous ensemble. Nous sommes invités à répéter l’exercice chez nous, jusqu’à la prochaine rencontre dans une semaine. Bon, va falloir que je m’entraîne un peu.

INTERVIEW DE LIA ANTICO SUR LA MÉDITATION EN PLEINE CONSCIENCE

Peux-tu te présenter en quelques mots?

Je suis doctorante en neurosciences et en sciences affectives à l’Université de Genève. J’aime étudier et comprendre la nature humaine, en particulier les émotions, l’empathie et la compassion. Je suis croyante et chrétienne. Si je devais choisir un mot pour me décrire, ce serait « présent », pour trois raisons: j’aime vivre dans le moment présent, la fameuse injonction du « carpe diem »; j’apprécie d’être présente physiquement avec les personnes; enfin je souhaite être un « présent » pour les autres.

Comment définirais-tu la méditation en pleine conscience et quel est son but?

La méditation en pleine conscience ou « mindfulness » est un programme qui invite à s’entraîner à diriger son attention de façon volontaire vers un endroit de son corps ou une pensée, avec bienveillance, sans jugement. Le mot « mindfulness » vient du mot « sati », d’une langue ancienne de l’Inde, qui signifie « attention globale sans but, attention focalisée consciente ». Elle permet d’être plus connecté avec l’activité que l’on est en train de faire et de développer une conscience plus grande de nos expériences intérieures et extérieures. C’est un travail de découverte de soi-même. Cette forme de méditation est une invitation à cultiver le mode « être », plutôt que le « faire » ou « l’avoir ». C’est -à-dire agir de manière plus libre, ne pas vivre « en pilotage automatique ». Elle aide à demeurer dans le moment présent, à apprécier la situation que l’on vit ici et maintenant.

A qui s’adresse cette forme de méditation?

A des personnes de tous âges. Ce programme est areligieux. Il ne touche pas la dimension religieuse. Si ce type de méditation est très à la mode, il faut savoir que ce n’est pas la baguette magique pour tout et pour tous. Il est intéressant de l’expérimenter avec des enseignants qualifiés et voir si elle nous convient.

Quelle est l’origine de la méditation en pleine conscience?

Ce programme a été mis en place en 1979 à Boston, à l’Université du Massachusetts par Jon Kabat-Zinn, professeur émérite de médecine. Il s’agit d’un programme de huit semaines, avec une rencontre de 2h30 par semaine entre l’enseignant et le groupe, puis une méditation individuelle de 45 minutes, six jours par semaine. Le programme a d’abord été introduit dans le champ médical pour aider les patients affectés par une douleur chronique pour réduire le stress. En effet, le stress amplifie les symptômes de la douleur. Puis s’en est suivi une série de programmes pour les personnes qui ont souffert de dépression et qui souffrent d’addictions, les femmes enceintes, la relation parents-enfants etc. Cette méthode offre des bénéfices prouvés par la science. Le nombre d’articles scientifiques et médiatiques à ce sujet est conséquent. En 2015, on en comptait plus de 32’000. Aujourd’hui elle se développe aussi dans le domaine de l’éducation; en Suisse on commence à l’enseigner dans certaines écoles. Elle est plus étendue dans d’autres pays européens comme l’Angleterre, l’Allemagne ou la France. En 2015, le Parlement britannique a publié un rapport recommandant les programmes de pleine conscience, notamment dans les entreprises.

La « mindfulness » remplace-t-elle la prière ou d’autres formes de méditation?

Cette forme de méditation prend bien sûr racine dans les pratiques contemplatives des moines bouddhistes et chrétiennes. En tant que catholique, j’ai appris à vivre l’ici et le maintenant, l’attention aux mouvements intérieurs, grâce à la méditation jésuite de Saint Ignace de Loyola. Dans la méditation en pleine conscience, je retrouve certaines de ces expériences et des qualités de la foi, telles que la compassion ou la bienveillance envers soi et envers les autres. Il ne s’agit pas d’une méditation chrétienne ni d’une prière, et ce programme ne veut pas les remplacer. Il pourrait être un « plus » pour la vie du croyant. C’est un outil que le croyant peut emmener avec lui dans la prière par exemple, où il peut être plus en contact avec lui-même et à l’écoute de Dieu. La Bible ne dit-elle pas aussi que nous sommes le temple de Dieu? La « mindfulness » permet d’être plus à l’écoute de son corps et de le respecter.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de proposer ce cours?

Actuellement je suis la formation pour obtenir la certification d’enseignante du programme de réduction de stress basée sur la méditation en pleine conscience (MBSR, Mindfulness based stress reduction). Je propose ici un cours d’introduction d’une heure qui me permet de m’entraîner à enseigner et de faire connaître cette méthode qui m’a enrichi personnellement. Je donne deux cours par semaine, un en français et un en italien, sur huit semaines. Il est possible de me contacter par Facebook pour avoir plus d’informations.

Etait-ce difficile à mettre en place ?

J’ai rapidement trouvé autour de moi des gens intéressés, collègues de travail ou amis chrétiens. Pour le lieu, j’ai pensé au temple de Plainpalais car j’avais participé à une activité du Lab (projet soutenu par l’Eglise protestante) sur la méditation et la foi. L’ambiance, le tapis et les coussins se prêtent bien à cet exercice. Je suis contente de pouvoir le faire ici, car je tiens à l’oecuménisme. La collaboration est très bonne, je me suis sentie accueillie et on me fait totalement confiance.

Textes et images Priscilia Chacón

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