
Pourquoi mange-t-on de la tarte aux pruneaux le jour du Jeûne genevois ?
Le Jeûne genevois sera célébré cette année le jeudi 10 septembre 2026. Et qui dit Jeûne genevois dit, presque inévitablement, tarte aux pruneaux. Mais savez-vous pourquoi cette pâtisserie de saison est devenue indissociable de cette journée à Genève ? À l’approche du Jeûne, nous replongeons dans l’histoire de cette tradition bien genevoise.
Jeûne genevois – L’exception genevoise
En 1794, la Suisse établit un jour de jeûne au mois de Septembre commun à toute la Confédération. Cette décision intervient suite à un besoin d’asseoir une identité suisse dans un contexte de Révolution française. Mais c’est seulement en 1832 que l’on définit le troisième dimanche de septembre comme jour du jeûne fédéral. Seul le canton de Genève célèbre le jour du jeûne le jeudi qui suit le premier dimanche de septembre.
Une tarte aux pruneaux en guise de repas
Qui dit jeûne dit période durant laquelle on ne mange pas. Le fait de s’abstenir de manger durant le jeûne genevois est une tradition qui s’est perdue au fil des années, comme souvent au cours de l’histoire. Par contre la tarte aux pruneaux, elle, a survécu à l’usure du temps. A l’origine, les Genevois devaient jeûner jusqu’au soir et c’est seulement à l’heure du dîner que la tarte était dégustée. Elle faisait office de repas complet.
Pourquoi une tarte aux pruneaux ?
Le pruneau étant un fruit qui est récolté du mois d’août au mois de septembre, c’est assez naturellement que la tarte aux pruneaux s’est imposée comme le mets phare du jeûne genevois et fédéral. Nous ne sommes toutefois pas en mesure de déterminer à quand remonte exactement l’association du jeûne genevois avec le gâteau aux pruneaux mais on pense que c’est au début du XXe siècle. En effet, des personnes nées au début du siècle racontent avoir toujours mangé de la tarte aux pruneaux le jour du jeûne genevois.
Une origine religieuse ?
Le jeûne étant une pratique ancrée dans la religion, il est normal de se demander si la tarte aux pruneaux a un quelconque lien avec la religion. Les historiens Favrod et Morerod dans leur étude intitulée Histoire du temps, expliquent que comme le jeûne devait se faire jusqu’au soir, il était courant que les réunions à l’église se prolongent durant l’après-midi. De cette façon, chacun pouvait profiter de son repas du soir après l’église. Mais c’est le Dictionnaire suisse romand qui nous éclaire sur un détail important, les gens étant à l’église durant la journée, n’avaient pas le temps de préparer un repas complet en rentrant. Le repas se limitait donc à de la tarte aux pruneaux souvent préparée la veille.
Comme fréquemment dans l’histoire, on se rend compte que les traditions naissent de la résolution d’un problème logistique. Dans ce cas précis, on réalise que la tarte aux pruneaux était préparée parce qu’elle était pratique, rapide et de saison. En tout cas, ce n’est pas pour nous déplaire! Joyeux Jeûne genevois à tous!
Au fait, prune ou pruneau ?
Si vous n’êtes pas Suisse romand, le nom de notre fameuse tarte peut prêter à confusion. Chez nous, le pruneau désigne aussi un fruit frais, plus précisément une variété de prune que l’on appelle généralement quetsche en France. Le fruit séché, que l’on nomme simplement « pruneau » en France, peut quant à lui être appelé « pruneau sec » en Suisse romande.
Autrement dit, notre tarte aux pruneaux n’est pas préparée avec des fruits séchés : ce sont bien les pruneaux frais de la fin de l’été qui la garnissent !
Recette de tarte aux pruneaux
La tarte aux pruneaux est préparée à base de pâte brisée ou sablée, garnie de pruneaux accompagné de quelques épices, telles que la cannelle et la vanille. Elle peut aussi être recouverte d’une grille en pâte pour la décorer.
La tradition veut que la tarte aux pruneaux soit partagée en famille ou entre amis lors d’un repas festif, généralement le soir du jeûne genevois.
Découvrez une bonne recette suisse de tarte aux pruneaux
