
Billet du mois d’avril 2026: Cultiver l’espérance à l’aune de Pâques
Nous sommes en pleine semaine sainte. La passion du Christ dont nous faisons mémoire est pour bien trop de personnes une réalité du quotidien. Je pense aux conflits armés qui ne cessent d’augmenter, je pense aux victimes de violences, aux bourreaux aussi ; je pense aux malades et à celles et ceux contraints par l’addiction… Puissent le chemin de Croix et la mort de Jésus nous permettre une catharsis de nos propres violences pour être, comme nous y invite Saint-François d’Assise – dont nous fêtons une année sainte, des artisans de paix. Nous serons renforcés en cela par la Résurrection du Christ qui nous offre sa joie et sa paix.
Si effectivement, ces grâces ‘tombent du ciel’, encore faut-il avoir la capacité de les réceptionner. Nous avons cheminé durant ce temps de Carême entre jeûne, offrande et prière. L’Action de Carême nous a rendu attentifs à quelques thématiques clés telles que le droit à l’alimentation et celui aux semences. Lorsque l’on évoque le jeûne, nous pensons spontanément à la privation de nourriture. Pourtant qu’en est-il de celle de notre âme ? Bien sûr, nous avons la Parole du Seigneur à laquelle nous nous accrochons fermement, l’Eucharistie et les autres sacrements…, cependant, l’actualité et les sollicitations du monde nous offrent bien d’autres nourritures qui peuvent se révéler toxiques.
Une chanson m’habite en quelque sorte depuis l’anniversaire de mes 9 ans où je recevais l’album La vérité de Niagara. Le titre « C’est maintenant » m’avait marqué par son cynisme et sa violence : « Et voici les dernières nouvelles, ce n’est pas mieux que la vieille. La carte du malheur s’étend et vous restez impuissant. Moi je suis celle qui présente le journal […] Pour retenir votre attention, je recherche l’émotion […] et tous ces morts, ça ne change rien, je garde le sourire. […] Vous ne pourrez m’échapper, je vous tiendrai informés, ne ratez pas le présent, c’est maintenant ! ». Alors oui, quel rapport avons-nous, dans un monde devenu encore plus hyperconnecté, avec les médias, les réseaux sociaux et un certain type de journalisme ? Il en va de notre espérance.
Le 26 avril sera la Journée mondiale de prière pour les vocations religieuses et sacerdotales. Durant une année, le Centre romand des vocations (CRV) et la Fondation Jeunesse et Vocation (FJV) proposent de prier pour ces intentions, et des vidéos seront proposées pour creuser cette thématique. Cette année marquera la première étape d’un chemin qui abordera toutes les vocations baptismales. Une implication forte des paroisses dans ce projet est essentielle pour relayer l’information et pour prier. Le CRV leur enverra une lettre explicative et une affiche.
A l’aune de Pâques, cultivons notre espérance et choyons les présents si précieux que le Christ nous offre : cultivons, prenons soin de notre paix et de notre joie, pour rayonner toujours plus de sa miséricorde et de son amour.
Fabienne Gigon
Représentante de l’évêque pour la Région diocésaine Genève, avril 2026
Image: Photo de Jonny Giossur Unsplash

