
Billet du mois de mars 2026: la compassion du Samaritain
Le 1er mars est la « Journée suisse des malades », célébrée traditionnellement le premier dimanche de mars depuis 1939. Forte de son histoire, elle a tendance à prendre le pas sur la « Journée mondiale du malade », instituée par Saint Jean-Paul II en 1992.
Cette année, celle-ci a été célébrée le 11 février dernier avec comme thème choisi par le pape Léon XIV « La compassion du Samaritain : aimer en portant la souffrance de l’autre ».
Il est intéressant de noter que la parabole du bon Samaritain, qui inspire le thème, évoque un blessé, un homme laissé à « moitié mort » par des bandits. A défaut d’avoir une journée des blessés, nous les prenons avec dans nos prières lors de cette Journée des malades. Nous pensons entre autres aux grands brûlés de Crans, aux blessés des guerres, abjects abcès qui gangrènent le monde, et aux malades bien sûr. Moins visible, je pense aujourd’hui également à la santé mentale qui peut être un vrai chemin de croix pour celles et ceux qui en souffrent, ainsi que pour leur entourage. Nous confions dans un même élan tous les soignants, proches-aidants, aumôniers, avec une vive gratitude et une grande estime. Oui, alors que la société a tendance à manifester sa reconnaissance à mi-voix, nous l’énonçons avec force : MERCI à vous, qui prenez soin au sens propre, au cœur même des douleurs. Merci à vous qui aimez « en portant la souffrance de l’autre ». Vous êtes des trésors précieux dont le monde a résolument besoin. Soyez bénis, soyez encouragés par notre Seigneur tout puissant en son amour !
Il est parfois confortable de penser que la maladie concerne les autres. Jésus nous interpelle pourtant avec l’évangile de la paille et de la poutre (Mt 7, 1-5), appelant notre introspection. Le concept de « projection » est maintenant bien établi en psychologie comme mécanisme courant de défense psychologique : accuser les autres de nos propres défauts. Bonne nouvelle, Jésus est venu non pas pour les justes et les bien portants mais pour les pécheurs et les malades (Mt 9, 12-13).
En ce temps de Carême, après avoir reçu l’envoi lors du mercredi des Cendres : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile », cheminons en osant faire lumière sur nous-mêmes, à la mesure du Seigneur – celle de miséricorde, osons passer par la mort avec le Christ, au creuset des enfers, pour être relevés, avec Lui et rayonner de sa Résurrection.
Belle traversée, et, là est notre confiance, belles Pâques !
Fabienne Gigon
Représentante de l’évêque pour la Région diocésaine Genève
Mars 2026
Image: Le bon samaritain (fresque à la cathédrale St-Joseph de Marseille)

