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Confinement : l’importance du lien intergénérationnel

Malgré l’absence de contact intergénérationnel due au confinement, les liens entre les générations semblent s’être fortifiés ces dernières semaines. Les mesures étiquetées par le Conseil fédéral ont été suivies par une large majorité de la population et chacun a compris qu’il était de son devoir de rester à la maison afin de protéger les personnes plus âgées et plus vulnérables. 

On a pu constater, à travers tout le canton et dans nos paroisses, des gestes de solidarité fleurir envers les populations à risque.  Par exemple, des jeunes paroissiens, très concernés par la situation de leurs aînés, se sont ainsi mobilisés pour leur apporter du soutien en leur écrivant des lettres, en faisant leur courses ou encore en leur passant un coup de téléphone. Ces actes simples et spontanés sont nés grâce à un sens du partage et un esprit de solidarité très présent chez ces jeunes catholiques. 

Face à la situation difficile que nous vivons, le rôle de connecteur que joue l’église entre les différentes générations est plus que jamais décisif. L’Eglise est l’un des vecteurs par lequel les générations se soutiennent, se rencontrent et se transmettent les valeurs catholiques telles que la solidarité et le partage. De ce fait il est important de se mobiliser pour permettre à l’église de jouer son rôle de transmission et d’assurer un avenir à l’église pour les générations futures.

Afin de mieux comprendre comment est perçu ce lien intergénérationnel au sein de notre Eglise par les fidèles, nous sommes allés à la rencontre d’un jeune et d’une retraitée, Thomas et Marie-Noelle et leur avons posé quelques questions. L’Église est-elle un lieu de rencontre entre générations ? La même foi permet-elle de tisser des liens entre jeunes et aînés ? Nous avons tous l’espoir que l’Église soit un lieu pour tisser des liens de solidarité entre générations, mais qu’en-est-il réellement ? …

Voici leurs témoignages retranscrits sans fard:

« Regards croisés d’un jeune et d’une retraitée »  

Marie-Noelle (MN) : Je suis âgée de 80 ans et j’ai vécu Vatican II, avec les messes pleines. L’Église s’essouffle un peu et je souhaite être solidaire avec ceux qui viennent ; qu’ils trouvent en ce lieu ce que j’ai pu y vivre, avec des prêtres correctement rémunérés, des activités en phase avec les exigences du futur, mais gardant les valeurs que je souhaite transmettre.

Thomas (Th) : J’ai 22 ans. J’ai vécu la Confirmation, la retraite Kairos, je vais à la messe le dimanche soir et à des regroupements de jeunes. Je trouve parfois que l’Église devrait être plus dynamique, nous proposer des activités plus en phase avec nos goûts. Nous permettre d’exprimer nos talents et créativités.

  • L’Église, un lieu de rencontre entre générations ?

MN : J’ai trois enfants et onze petits-enfants. Mes enfants sont tous pratiquants. Entre l’Évangile et notre vie il ne doit pas y avoir d’écart. Chez mes parents il y avait toujours une place vide à table pour un accueil éventuel. Ils disaient « s’il y a de la place pour sept, il y en a pour huit ».

Mes petits-enfants sont tous pratiquants, communiés, confirmés. Ils sont allés à Taizé, participé à la retraite Kairos… la foi, ce n’est pas du blabla pour eux…

Moi aussi je suis allée à Taizé en 1965 l’année de mon mariage ! Mon parcours ressemble à celui des jeunes d’aujourd’hui. Je garde en mémoire une phrase de mes enfants suite à la visite que nous rendions à une tante religieuse : « Quand on vient voir notre tante, on sait que Dieu existe, car elle est rayonnante, dès qu’on arrive, elle nous fait la fête »

Th. : Un lieu de rencontre ? Ça dépend jusqu’à quelle génération. De base, oui complètement. Selon mon expérience et dans ma paroisse à Saint-François, on ne rencontre que peu de personnes très âgées au quotidien, mais, autour des événements particuliers comme un réveillon solidaire pour les personnes seules le 31 décembre…là, on rencontre vraiment des personnes âgées. Un moment particulier, très fort et intense.

Mais dans la vie quotidienne de la communauté, il est normal que nous ne soyons pas toujours ensemble, parce nous avons tendance à nous réunir avec les personnes de notre âge.

  • Que manque-t-il pour que cette rencontre intergénérationnelle soit plus qu’une cohabitation dans le même lieu ?

MN : On a été fidèles à notre paroisse, car on voulait créer le lien pour nos enfants. Ce qui me fait le plus plaisir, et j’ai eu cette chance, c’est que dans ma famille la foi soit restée vivante. C’est très simple de transmettre la foi : il faut être vrai. Ce qu’on pense et ce qu’on fait doit être en accord total.

Th : Dans une communauté chrétienne et paroissiale, il faut un espace pour qu’on puisse réfléchir et travailler ensemble Si ce ne sont que les jeunes qui construisent, ce ne sera pas une communauté chrétienne. Il y a quelque chose de familial dans l’Église. J’arrive à le ressentir avec des jeunes et des familles, mais pas avec des personnes à la retraite, alors que cela devrait être possible.

  • Que peuvent apporter les jeunes dans le cadre de l’Église ?

MN : J’ai une idée très positive des jeunes, ils sont notre force et notre avenir. Je les trouve aussi bien que ceux de mon temps, voire mieux, car ils sont engagés pour la plupart. Ceux que je connais sont restés fidèles à leur foi. Le plus marquant est qu’ils s’engagent aussi en dehors. Un de mes petit-fils est accompagnateur de groupe de jeunes dans sa paroisse, il accompagne un groupe dans des activités telles que le sport, mais dans un esprit chrétien.

Un jeune peut apporter son témoignage de jeune engagé dans ses études ou son travail. Il apporte à l’Église le message de sa vie quotidienne et apporte à son travail la Parole de l’Église.

J’ai été marraine d’une jeune pour une reconversion et lui ai demandé pourquoi elle m’avait choisie. Elle m’a répondu : « Parce que je te vois vivre tous les jours ».

Je me permets un conseil aux jeunes : que vos actes soient en accord avec votre foi, prier le chapelet obstinément n’est pas utile, c’est la vie intérieure, spirituelle que l’on vit qui importe. Ce n’est rien d’exceptionnel : ne pas engueuler quelqu’un qui vous prend votre place de parking ou ne pas être grossier par exemple.

Th : Après avoir lu l’exhortation apostolique post synodale, christus vivit, du Saint-Père François aux jeunes et à tout le peuple de Dieu, je me suis souvenu que l’on dit toujours que les jeunes sont le futur de l’Église, mais c’est faux ! Ils sont le présent aussi, car on vit maintenant, on a nos attentes envers l’Église, on veut qu’elle soit présente, car on a vraiment besoin de l’Église. On se construit, on se prépare, on s’ancre, on se solidifie, c’est le moment clé avant les grandes décisions de notre vie. C’est un moment où on a besoin d’une Église qui nous soutienne. Mais il ne faut pas que l’Église dise « allez, c’est là, servez-vous ». Il faut qu’elle construise avec les jeunes : « toi tu veux faire quoi ? »

Parfois on a besoin de faire des trucs dingues, dans l’idée de se dire de ne pas rester en marge, de ne pas rester sur son canapé. L’Église, c’est une aventure incroyable, c’est ce qui nourrit chaque jeune. Au départ, l’Église, ce sont des jeunes qui ont rencontré le Christ, ont marché avec lui et, après sa Résurrection sont partis dans le monde. Saint-Paul parle des tempêtes en bateau, c’était l’aventure.

On a besoin d’une Église dynamique ! Qui chemine avec nous, pour découvrir quelque chose, une spiritualité profonde. On a besoin d’avoir du contenu catéchétique. Nos frères prêtres ont une place ultra précieuse, ultra exigeante pour nous accompagner sur cet aspect-là. Pas simplement de lancer de grands projets sans profondeur, sans intériorité.

On se forme spirituellement, on en a besoin. On a besoin de voir le contenu de notre Foi, ce qu’on croit vraiment. Avoir une vie de prière quotidienne c’est exigeant. Avoir un confesseur régulier est une chance. C’est précieux pour les jeunes. Il y a besoin que nos célébrations soient vivantes, entraînantes, dignes, une belle liturgie, soignée, profonde.

En dehors des célébrations liturgiques, beaucoup de jeunes ont besoin de temps, du temps d’adoration, de prières, de louanges, de témoignages entre eux.

  • Que peuvent apporter les personnes âgées dans le cadre de l’Église ?

MN : Le grand souci de notre génération c’est de transmettre la foi. Ma grande fierté réside dans le fait que mes enfants et petits-enfants soient restés fidèles à la foi de leur baptême.

Les personnes âgées peuvent apporter leur soutien moral et financier dans la mesure de leurs moyens par leur écoute, leur bienveillance, leurs témoignages et si possible par leur soutien matériel.

Le souci de ma génération c’est la transmission de la foi et la pérennité des soutiens indispensables à la survie de notre culture chrétienne. Pour que la foi demeure ne faudrait-il pas cultiver la petite flamme chère à Charles Péguy : « La foi que j’aime le mieux – dit Dieu – c’est l’espérance »

Le problème de certains est leur exigence extérieure, il faut comprendre que personne ne te doit rien dans la Vie, quand on fait un choix c’est à soi de cheminer avec son engagement, ce n’est pas la faute de l’Église, car on la construit ensemble, à notre image.

Th : Les personnes âgées ont une place particulière dans la communauté chrétienne. Le pape parle de cette relation, quelque chose à recevoir des personnes plus âgées. Il dit que la vieillesse constitue «la saison du dialogue. Pour bâtir une société plus juste, plus belle et plus solidaire, les personnes âgées sont appelées à dialoguer avec la jeune génération. Selon lui, le futur de la société repose sur cet échange intergénérationnel.

En tant que jeune on peut être amené à ressentir une certaine compassion envers les personnes plus âgées, de leur rendre visite, passer du temps avec elles. La vertu de la compassion, c’est ta Foi qui te l’amène à vivre.

  • Comment espères-tu l’Église de demain pour tes enfants ?

MN : L’avantage de notre époque est que ceux qui restent fidèles maintenant sont ceux pour qui la vie quotidienne s’accorde avec leur foi. Aujourd’hui il s’agit d’un vrai choix. Je m’explique, à mon époque c’était obligatoire, chez moi c’était très fort, cela ne nous est jamais arrivé de manquer la messe du dimanche.

Un point positif était qu’à l’époque, les prêtres de la paroisse venaient souvent à la maison et partageaient notre repas. Ma mère disait : « les prêtres sont seuls et c’est un devoir de les accueillir ». J’ai le souvenir que, quand ils venaient, c’était chouette, ils jouaient du piano, parlaient avec nous, discutaient de tout. Mais c’était une autre époque, la télévision n’existait pas et la vie familiale était très vivante.

Th : Je souhaite que mes enfants puissent grandir dans une Foi dont ils puissent être fiers, que la communauté chrétienne soit un lieu où ils se sentent bien, qu’ils aient la chance de découvrir la communauté chrétienne comme une famille.

La foi t’ouvre à l’amour à la vraie fraternité. J’espère que la société ne nous intimide pas trop, nous et nos enfants, à vivre de cette foi et à nous y engager à 200%. Même si la société devient de plus en plus difficile pour les chrétiens, même quand ce n’est pas attractif, je souhaite que mes enfants ressentent que la Vie est porté par l’amour pour l’amour qui vient d’en haut.

  • Comment te projettes-tu en tant que paroissien quand tu seras une personne à la retraite en 2070 ?

Th : J’espère que j’aurais encore tout ce qu’il me faut pour vivre ma foi de manière plus brûlante qu’aujourd’hui. J’espère que l’Église sera dynamique, avec une liturgie soignée, une communauté que tu sens priante, c’est quelque chose qui porte la Foi individuelle.

J’espère qu’elle pourra encore me donner cela et que je pourrai encore me donner pour la communauté Une Église qui fait des choses, qui ne se repose pas sur ses lauriers, qui ne se perd pas dans des trucs qui n’ont plus rien à voir avec l’Église et qui porte des projets qui soient ralliés à son essence. L’Amour du Christ.

Je souhaite à l’Église que ses membres continuent à percevoir leurs appels respectifs, et qu’on ait encore de saints prêtres.

À la retraite, je me réjouirai de rencontrer des prêtres plus jeunes que moi, des familles plus jeunes que la mienne. Je me réjouirai de voir les jeunes familles actives et croyantes. Ça sera dingue. Ce sera à notre tour de recevoir, d’être boostés par l’enthousiasme des jeunes.

  • Est-ce que tu ferais un legs à l’Église si tu étais âgé ?

Th : Oui, déjà aujourd’hui, j’ai envie de financer des projets : je souhaite financer des lieux pour vivre entre jeunes et approfondir la foi. Parrainer des jeunes qui cheminent dans la foi.

Âgé je donnerai de l’argent à l’Église Catholique Romaine, je donnerai pour la formation spirituelle des jeunes en général.

  • Avez-vous peur de la mort et diriez-vous que la foi et l’Eglise vous aide dans les moments difficiles ?

MN : Comme pour chaque être humain, ce passage reste angoissant pour moi. Cependant depuis que j’ai assisté mon mari, qui est décédé en notre domicile, accompagné par un de ses amis prêtre, je peux dire que je suis réconciliée avec la mort. J’ai été présente dans ces derniers moments. Il avait une grande Foi, et son dernier regard, je l’ai vu, était un regard attiré par la Lumière.

En tous cas, avoir la Foi, c’est une aide pour tous les jours de la vie. Quand c’est difficile, je m’arrête et je prie et ma joie revient petit à petit. Pour moi, la solitude n’a pas été un problème et je pense grâce, en partie, à ma Foi et à tout ce que j’ai reçu et ce que je reçois encore grâce à ma culture chrétienne. J’ai eu beaucoup de chance.

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Jessica Tabary

Photo de Dominik Lange 

Jessica Tabary

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