
100e Dimanche de la Mission Universelle : la Bolivie est à l’honneur
Sous la devise du pape Léon XIV « Un en Christ, unis dans la Mission », l’Église catholique célèbre dans le monde entier, au mois d’octobre, le Mois de la Mission Universelle. Le Dimanche de la Mission Universelle, institué il y a 100 ans, en constitue le temps-fort ; il est célébré le l8 octobre.
Cette année, Missio Suisse, branche suisse des Œuvres Pontificales Missionnaires, tourne son regard vers la Bolivie. La théologienne bolivienne Bernardeth Caero-Bustillos, de la Faculté de théologie de l’Université catholique bolivienne « San Pablo » à Cochabamba, viendra ainsi en Suisse. Lors de différentes conférences et rencontres, elle parlera de l’Église et de la société en Bolivie. Elle sera à Genève le 29 octobre 2026 .
Originaire de Baar (ZG), le Père Martin Schmid SJ a profondément marqué, au XVIIIe siècle, les missions jésuites de la Chiquitanía, dans les basses terres orientales de la Bolivie. Pasteur, musicien, facteur d’instruments et architecte, il y a laissé un héritage musical toujours vivant aujourd’hui. Dans le cadre du Mois de la Mission Universelle 2026, Missio Suisse met en lumière ce lien exceptionnel tout en établissant un pont avec les réalités actuelles.
100 ans de solidarité à l’échelle mondiale
En 1926, le pape Pie XI a appelé pour la première fois les catholiques du monde entier à prier et à collecter des fonds pour la mission. Aujourd’hui, le Dimanche de la Mission Universelle constitue la plus grande action de solidarité de l’Église catholique. Les catholiques de tous les continents soutiennent ainsi le travail ecclésial des Églises locales qui ne sont pas encore financièrement autonomes.
La collecte est versée au Fonds universel de solidarité de l’Église, sous l’égide des Œuvres Pontificales Missionnaires. Celui-ci finance des activités pastorales, sociales et éducatives dans quelque 940 diocèses en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Océanie.
Bolivie : trois projets en bref
En Bolivie, depuis une vingtaine d’années, un processus vise à réduire l’influence de l’Église dans la société en général et, plus particulièrement, dans le domaine de l’éducation. Dans le secteur social, elle demeure toutefois l’un des acteurs les plus importants. En octobre, Missio Suisse présente trois projets à la fois pastoraux et sociaux : à Oruro, la cuisine populaire « Olla del Pobre » fournit des repas aux personnes démunies et sans abri et propose des soins médicaux de base. À Patacamaya, un « Comedor » soutient des enfants et des jeunes vulnérables en leur offrant des repas et un accompagnement. À Cochabamba, un lieu d’écoute et de conseil destiné aux jeunes est en plein développement. Dans l’Église bolivienne, engagement social et pastorale vont de pair.
Martin Schmid SJ : la musique au cœur de la mission
À partir de 1730, le jésuite Martin Schmid a œuvré pendant 37 ans dans les missions de la Chiquitanía, dans les basses terres orientales de la Bolivie. Le missionnaire suisse, engagé comme « coadjutor espiritual », intervenait là où l’on avait besoin de lui. Il enseignait la musique, introduisit la musique sacrée polyphonique, fabriqua des orgues, des violons, des trompettes et des harpes, et bâtit des églises. Les Chiquitanos devinrent chanteurs, instrumentistes, facteurs d’instruments, sculpteurs sur bois et bâtisseurs.
Les églises n’étaient pas de simples copies de constructions européennes : elles intégraient des matériaux et des formes architecturales locales. De même, Schmid ne concevait pas la musique comme une importation européenne inchangée. Les traditions de composition européennes se mêlaient aux voix, aux compétences et aux pratiques musicales des populations locales. Cette rencontre illustre la manière dont l’annonce de l’Evangile peut prendre corps dans une culture locale.
La musique n’était pas un simple complément à la célébration. Le chant et la pratique instrumentale faisaient partie intégrante de la liturgie et de la vie de foi communautaire. La communauté n’était pas seulement auditrice : elle participait activement. C’est précisément ce qui fait aujourd’hui encore la pertinence de l’approche de Schmid : liturgie, pastorale et musique sacrée ne sont pas pensées séparément, mais en relation les unes avec les autres.
L’héritage musical de la Chiquitanía reste vivant
L’héritage musical de la Chiquitanía reste vivant aujourd’hui. Les partitions conservées sont interprétées, des écoles de musique existent dans d’anciennes missions jésuites et la musique baroque de cette époque continue de faire partie de la vie culturelle de la région. Pour le Mois de la Mission Universelle, Missio Suisse met à disposition une sélection de partitions issues de ce fonds, ainsi que des éléments liturgiques et du matériel pour les paroisses.
Célébrations, concerts et invitée de Bolivie
Des célébrations musicales dans des églises, avec des œuvres de Martin Schmid SJ, sont prévus dans toute la Suisse et notamment à Carouge (Église Sainte-Croix, samedi 17 octobre 2026, 18 h 30, vêpres musicales ). La musique donc tiendra une place centrale durant le Mois de la Mission Universelle, en Suisse également.
Communiqué de presse de Missio – septembre 2026, réd.
MISSIO SUISSE
Missio Suisse est la branche suisse des Œuvres Pontificales Missionnaires, présentes dans 120 pays. Celles-ci soutiennent l’action des Églises locales d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et d’Océanie qui ne sont pas encore financièrement autonomes. Missio soutient leurs projets pastoraux, sociaux, éducatifs et diaconaux en faveur des enfants, des jeunes et des adultes, dans le but de favoriser une aide durable qui permette aux personnes et aux communautés de devenir autonomes. Par son travail de sensibilisation et ses campagnes en Suisse, Missio Suisse rend visible une réalité essentielle : en tant qu’Église universelle, nous sommes reliés par-delà les frontières – dans la foi, la prière et une solidarité concrète. www.missio.ch
