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« NOUS AVONS EU DES GRANDS PAPES »

Avec l’élection du pape Léon XIV, l’Église catholique entre dans une nouvelle étape de son histoire. Que signifie l’arrivée d’un nouveau pape ? Quels changements implique-t-elle pour l’Église universelle, mais aussi pour la vie des fidèles ? Pour éclairer ces questions, nous avons rencontré Mgr Pierre Farine, figure bien connue du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Ordonné prêtre en 1965, puis nommé évêque auxiliaire à Genève en 1996, il a traversé bien des pontificats, de Pie XII à Léon XIV. À travers son regard, c’est une lecture à la fois lucide, bienveillante et spirituelle du ministère pétrinien qui se déploie.

Vous êtes né sous Pie XII, avez été ordonné prêtre sous Paul VI et nommé évêque sous Jean-Paul II. Avec Léon XIV, vous avez connu huit papes. Qu’est-ce que l’arrivée d’un nouveau pape change concrètement pour l’Église ? 

Mgr Pierre Farine © ECR

Mgr Pierre Farine( PF) : Chaque pape a son style, son langage, ses priorités. Mais au fil des pontificats, j’ai surtout perçu une continuité. Le pape est avant tout serviteur de l’unité de l’Église et témoin fidèle du Christ. Il oriente, stimule, rassemble, à travers les accents particuliers que lui donne sa personnalité. 

Pie XII est le pape de ma jeunesse. Son encyclique Mystici Corporis Christi (1943) m’a marqué : elle développe cette image forte de l’Église comme corps mystique dont le Christ est la tête. Des controverses autour de son silence durant la guerre, je retiens sa sollicitude réelle envers les Juifs, qu’il a contribué à sauver dans l’ombre. 

Jean XXIII est le pape de l’« aggiornamento ». Il a vu que l’Église était en décalage avec son temps et a lancé le Concile Vatican II, en 1959, un tournant historique qui a déclenché une « mise à jour » profonde. Il me revient encore sa parole touchante, le soir de l’ouverture du Concile : « Donnez une caresse à vos enfants et dites-leur que c’est la caresse du pape ». Ce souci pastoral du lien, sa douceur, l’ont fait appeler à juste titre « le Bon Pape ». Dans son encyclique Pacem in terris (1963), il s’adresse non plus seulement aux catholiques, mais à « tout homme de bonne volonté ». Cela aussi marque une évolution essentielle. 

Paul VI a pris le relais, avec courage. Premier pape à se rendre en Terre Sainte, il a aussi parlé à l’ONU, en appelant à « plus jamais la guerre ». Il a poursuivi l’élan du Concile, tout en introduisant des réflexions puissantes sur l’économie et la justice sociale, notamment dans Populorum Progressio (1967). Il critiquait les excès du libéralisme économique avec profondeur, dans la lignée de Rerum Novarum (1891) de Léon XIII. 

Jean-Paul Ier, en quelques semaines seulement, a laissé l’image d’un sourire lumineux. Puis Jean-Paul II, voyageur infatigable, a donné une visibilité nouvelle au pape. Il a parlé aux jeunes et institué les Journées Mondiales de la Jeunesse. Dans Mulieris Dignitatem (1988), il aborde la dignité des femmes, même si paradoxalement, il a réaffirmé le refus de leur ordination.  

Benoît XVI, souvent caricaturé comme conservateur, est pour moi le pape de la vérité. Sa critique du relativisme moral de notre époque est d’une grande lucidité. Il a poursuivi l’engagement social de l’Église avec Caritas in veritate (2009), en appelant à un développement respectueux de la dignité humaine. 

François, quant à lui, a introduit une parole forte sur l’environnement avec Laudato si’ (2015) et sur la fraternité universelle dans Fratelli tutti (2020). Il a secoué les structures, dénoncé le cléricalisme, parlé sans détour de la souffrance des migrants, des drames de notre époque. Son langage est parfois rude notamment sur l’avortement – je n’aurais pas forcément employé les mêmes mots –, mais il a réveillé des consciences. 

Et maintenant, Léon XIV. Son nom même, en référence à Léon XIII, renvoie à la doctrine sociale de l’Église et à la paix universelle. Dès ses premières paroles, il a parlé d’une Église rassemblée, en communion, active, missionnaire. Il évoque pour moi les paroles de Charles de Foucauld : « Criez l’Évangile par toute votre existence ». Cela me touche profondément. 

Vous avez rencontré plusieurs papes. Avez-vous gardé un souvenir particulier de ces échanges ? 

PF : Oui, notamment Jean-Paul II, lors de la visite ad limina* de 1997. Avec les autres membres de la Conférence des évêques suisses, j’ai été reçu dans son bureau, pour parler de la situation de l’Église en Suisse. Un moment intense, suivi d’un repas plus informel, où nous avons parlé du monde, de la foi. 

Avec Benoît XVI aussi, la visite ad limina fut marquante, axée sur l’œcuménisme, le rôle des paroisses et la place des femmes. Et avec François, une rencontre de deux heures ! Un vrai échange, profond, direct, fraternel. 

Benoit XVI

Y a-t-il un pape qui vous a particulièrement marqué ? 

PF : Benoît XVI, sans hésiter. C’est celui qui m’a le plus impressionné. Sa clarté intellectuelle, sa fidélité au Christ, … Il a été injustement réduit à un conservatisme qu’il n’incarnait pas. Il était dans la vérité. 

 Quel vœu formuleriez-vous pour Léon XIV ? 

PF : Je lui souhaite de garder cette vision planétaire. Qu’il reste passionné du Christ et de l’humanité, attentif aux défis nouveaux comme l’intelligence artificielle, les inégalités criantes, ou le scandale des guerres. Il est aussi un scientifique : cela peut l’aider à percevoir la créativité humaine comme un don à orienter. 

J’aimerais qu’il interpelle davantage les nantis, qu’il leur dise : que faites-vous pour le bien commun ? Un Père de l’Église disait : « Le surplus ne vous appartient pas ». J’espère qu’il incitera les chrétiens à vivre en témoins là où ils sont. Être chrétien ne se limite pas à la messe. Nous sommes tous membres du corps du Christ, et donc missionnaires. C’est aussi dans le prolongement des appels des papes que sont nées des initiatives comme l’Observatoire de la finance à Genève, avec le professeur Paul H. Dembinski. J’ai rencontré un entrepreneur qui a refusé un contrat au nom de sa foi. 

Enfin, comment définiriez-vous le rôle du pape ?

PF : Il est le servus servorum Dei, le serviteur des serviteurs de Dieu. Il rassemble, stimule, appelle chacun à vivre sa foi pleinement. L’unité des chrétiens ne doit pas rester tournée vers l’intérieur, mais rayonner au-dehors. Depuis le début du XXᵉ siècle, je crois que nous avons été bénis par de très grands papes. Chacun, à sa manière, a chanté l’amour de Dieu pour l’humanité. 

*  Une visite ad limina est la visite que doit réaliser chaque évêque diocésain, en principe tous les cinq ans, au Saint-Siège, afin de faire rapport au pape sur son diocèse et de rencontrer les différents dicastères et congrégations. Les évêques s’y rendent en groupe (conférence épiscopale nationale). 

Entretien paru dans la revue REGARD n°24 – juillet 20205

 

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