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« AIMER JÉSUS POUR TOUS CEUX QUI NE L’AIMENT PAS »

Témoignage de Carol Beytrison, future vierge consacrée, aumônier de prison à Genève.  Le 28 juin prochain, Carol Beytrison sera consacrée dans l’Ordre des Vierges par Mgr Charles Morerod lors d’une célébration à l’église Saint-François-de-Sales (Chêne-Bourg). Un nouveau chapitre s’ouvre pour cette ancienne membre du « Verbe de Vie », aumônier en milieu carcéral, dont le chemin spirituel, jalonné d’élans missionnaires, témoigne d’une foi profonde et incarnée.

Carol Beytrison, pouvez-vous nous raconter votre parcours et l’origine de votre vocation ?

Je suis née à Genève dans une famille catholique valaisanne. La foi a toujours fait partie de ma vie, comme une évidence. Enfant, je pensais même que tout le monde était chrétien ! Un jour, à l’âge de 9 ans, j’ai été profondément bouleversée en lisant un passage de ma Bible illustrée sur la Passion du Christ, quand Jésus est arrêté et présenté à Pilate. L’image de la foule qui criait : « À mort ! Crucifiez- le ! » m’a troublée. J’ai pleuré. Moi j’appelais le Christ « mon gentil Jésus » et j’ai réalisé que, à l’amour que le Christ est venu nous apporter, on avait répondu par la violence, la mort, la haine. Alors je Lui ai fait une promesse : « Je t’aimerai pour tous ceux qui ne t’aiment pas. » Pour moi, cela passait forcément par le choix de devenir plus tard une religieuse. Une évidence nourrie aussi par le témoignage de mon grand-oncle et ma grande tante qui étaient missionnaires et que j’admirais.

Ce désir ne vous a jamais quittée ?

Il m’a accompagnée longtemps. À l’adolescence, j’ai rejoint un groupe de prière du Renouveau charismatique à la crypte du Sacré-Cœur à Genève. On évangélisait, on chantait, on priait ensemble, on abordait les passant au marché aux puces, dans la rue. J’ai découvert la prière personnelle, la louange, l’amour de Dieu pour chacun. Nous étions « fans » de Jésus. Et puis, à 17 ans, lors d’un très vaste rassemblement à Paray-le-Monial, en France, j’ai senti que le Seigneur me disait : « Je t’aime, toi, d’une manière particulière. » J’ai compris que ce n’était pas moi qui devais aimer Dieu de toutes mes forces, mais que son amour pour moi était premier.

J’ai commencé des études de mathématiques pour devenir enseignante et j’essayais de convaincre le Seigneur que telle était ma mission, car à ce moment-là, la perspective d’être un jour religieuse m’effrayait un peu. Et voilà qu’à 20 ans, je suis tombée amoureuse d’un jeune homme du groupe de prière. Tout semblait parfait. Mais intérieurement, j’ai senti que je m’éloignais de mon lien à Jésus. Alors j’ai pris la décision difficile d’en parler avec lui pour mettre fin à cette relation, après avoir prié en vain pour qu’il tombe amoureux de quelqu’un d’autre !

Par la suite, afin de ne pas rester dans un idéal abstrait, j’ai voulu me confronter à la réalité d’une vie en communauté. Je savais que la communauté du Verbe de Vie proposait une année sabbatique de formation et de discernement. J’y ai trouvé tout ce que je cherchais : la louange, la vie fraternelle, l’annonce, une dimension artistique. J’ai fait ma demande et je suis entrée en communauté en juillet 2002… Après quelques années, j’ai prononcé mes vœux- de pauvreté, chasteté et obéissance. J’ai reçu un habit religieux et j’ai changé de nom. J’étais Sr Claire-Elie.

Vous y êtes restée vingt ans…

J’y ai vécu de très belles choses, avec beaucoup de joie, en Belgique, en Suisse, en France. Mais avec le temps, j’ai constaté des dysfonctionnements dans le gouvernement de la communauté. Les cinq dernières années, en tant qu’économe générale de la communauté, j’ai eu accès à des dossiers qui confirmaient une centralisation excessive du pouvoir, des surcharges de travail systématiques et un fonctionnement malsain. Après une visite canonique de l’Eglise, notre évêque garant Mgr Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles a décidé la dissolution de la communauté en 2022. Cela a été un choc pour beaucoup. Pour moi, cela a été un soulagement au vu des dysfonctionnements. On n’arrivait plus à avancer sans abîmer les personnes.

Comment avez-vous rebondi après cette épreuve ?

Ma première idée était de rejoindre une autre communauté religieuse, mais j’ai réalisé que j’étais habitée par une crainte du monde extérieur, d’une vie hors communauté, et j’ai alors décidé de me mettre à l’épreuve et de me confronter à la réalité du monde du travail. Je suis revenue vivre à Genève chez mon père et j’ai proposé mes services à l’Église catholique, avec le désir de m’engager auprès de personnes précarisées, comme les jeunes que j’avais pu accompagner dans le cadre de mes activités en communauté. Ces jeunes avaient envie de s’en sortir. Ils ne voulaient pas que leur vie soit une fatalité. Ils avaient découvert le Christ, chacun à sa manière, ils avaient vraiment soif de connaître la Parole de Dieu. Finalement, c’est l’aumônerie des prisons qui m’a été proposé. Et là, tout s’est aligné et je n’ai pas demandé de délai de réflexion : j’ai rencontré des vies cabossées, mais une soif de vivre et de spiritualité. Cela m’a profondément touchée.

J’ai par ailleurs continué à vivre une vie de prière semblable à celle que j’avais en communauté. J’ai rencontré une vierge consacrée et j’ai réalisé que nos quotidiens étaient similaires et, pour moi, mon engagement au célibat restait un point ferme que je ne remettais pas en question.

C’est ce qui vous a mis sur le chemin de la consécration dans l’Ordre des Vierges ?

Oui. Par la suite j’ai rencontré des Vierges consacrées du diocèse qui m’ont proposé un parcours de discernement et de formation à Paris, puisque rien n’existe en Suisse Romande. Et pendant ce temps, un autre événement a été décisif.

Lequel ?

Le Triduum pascal 2024. J’étais alors en traitement pour un cancer du sein, diagnostiqué quelques mois plus tôt. À cause d’un taux de globules blancs trop bas, mon médecin m’a déconseillé de participer aux célébrations. Je suis restée seule, chez moi, et j’ai vécu le Triduum sur mon canapé en suivant les Offices religieux sur Internet avec mon téléphone. Et pourtant, j’ai ressenti une présence très forte de toute la Trinité. Moi qui craignais la solitude, j’ai découvert que le Seigneur était là ! J’ai su que je pouvais dire oui librement à cette forme de vie, qui a une dimension de solitude. C’était le dernier feu vert que j’attendais et suite à cela j’ai écrit ma lettre à l’évêque pour devenir vierge consacrée.

Combien de Vierges consacrées compte le diocèse ?

Je serai la 15e. L’Ordre des Vierges est la plus ancienne forme de vie consacrée dans l’Église. Elle existait déjà dans les premiers siècles, avant l’apparition des ordres religieux. Le Concile Vatican II l’a remise à l’honneur, en soulignant la place des laïcs dans l’Église. Aujourd’hui, il y a un nouvel essor. Dans le monde, elles sont des milliers.

Dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, les Vierges consacrées bénéficient d’un cadre avec un programme, un thème annuel, une retraite, une journée spirituelle, une rencontre fraternelle entre nous et une autre annuelle avec l’évêque. Ce cadre et ces liens sont un soutien.

Les Vierges consacrées exercent tous types de métiers. L’engagement n’impose pas un travail en Église. À cet égard, elles sont comparables aux diacres dans la diversité de leurs engagements. Pour ma part, je suis aumônier de prison, et mon quotidien ne changera pas radicalement après la consécration.

Ce qui changera profondément, par contre, ce sera mon lien ecclésial : je vais devenir Épouse du Christ, par la prière de consécration, c’est-à-dire réservée à Dieu. J’aurais pu rester dans l’engagement de mes vœux privés, mais j’ai ressenti le désir fort d’un lien officiel avec l’Église. Cette consécration me lie au diocèse et m’incorpore à un ordre, même si je ne vis plus en communauté. Je ne suis pas un électron libre.  Et surtout, je suis heureuse : ce n’est pas rien d’être épouse du Christ. 

 

Le questionnaire de Proust : Carol Beytrison en 10 réponses + 1   !

Ma vertu préférée
L’espérance.

Le principal trait de mon caractère
Ma capacité d’émerveillement.

Mon principal défaut
L’anxiété.

Ma principale qualité
La bienveillance.

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis
Leur humour.

À part moi-même, qui voudrais-je être ?
Un pêcheur breton. J’aime cette image. Et quand j’étais enfant, je voulais être curé de campagne.

Mes auteurs favoris
J’ai un petit faible pour Agatha Christie, depuis que je travaille en prison.

Ma musique préférée
La musique juive.

Mon héros ou mon héroïne
St Maximilien-Marie Kolbe. Son sacrifice ultime fut le fruit d’une vie de petits dons du quotidien tout au long de son existence.

La faute qui m’inspire le plus d’indulgence
Celles commises sous le coup de l’impulsivité.

Ma devise
Ne pas attendre pour dire aux gens qu’on les aime.

SD&C-ECR, juin 2025

Image: Témoignage Carol Beytrison, future vierge consacrée ©ECR

 

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Intentions de prière
29/10 ─ Philomène ─ Vierge Marie, je dépose entre tes mains mes peines, mes contraintes, mes enfants, ma famille, mes soucis de santé. Tout ce que je traverse actuellement comme difficulté. Intercède pour moi auprès de ton fils Jésus. De ton manteau, couvre moi et de tes douces mains, défait ces nœuds qui m’oppressent et m'empêchent de suivre totalement Jésus. Amen.228/10 ─ Thierry ─ - Pour tous ceux que j’ai aimés et qui ne sont plus là. - Pour tous ceux que j’aime - Pour que l’Homme comprenne enfin, et que cessent ces insanités! - Pour que la misère humaine, quelle qu’elle soit, diminue progressivement.328/10 ─ Emmanuelle ─ Priez avec moi pour que la France ne cède pas au fascisme et que l'église ne fasse pas de la collaboration passive. Soutien aux victimes de l'attentat raciste de Trappes. 528/10 ─ Solange Gabrielle Massan ─ OH Père Eternel toi le Dieu des Dieux toi l'Alpha et l'Oméga au nom de ton fils notre Seigneur Jésus-Christ je viens te confier mon ami Patrick dans le coma depuis trois mois à Douala au Cameroun. Envoie tes anges le sortir de son profond sommeil aujourd'hui pour ta gloire car toi seul est vrai docteur je crois en ta miséricorde et ma foi me sauve.428/10 ─ Janick ─ Seigneur, j'ai besoin de vous dans ma vie. Je suis actuellement a la recherche d'un emploi pour travailler de mes 2 mains pour souvenir aux besoins de mes 2 enfants, ramener le pain quotidien à la maison. Je vous prie d'ouvrir les portes du travail pour moi. Amen527/10 ─ Christian ─ Pour ceux qui méritent notre amour227/10 ─ Caroline ─ Seigneur Jésus,vierge Marie,je vous confie la famille de ma sœur qui vient de perdre son mari. Aidez ma sœur et ses enfants à faire leur deuil! Amen! Je vous rends grâce!427/10 ─ Yves ─ Que le seigneur m'aide a trouver un travail digne et valorisant, à subvenir à mes besoins, qu'il aide aussi ma famille a sortir de ce cercle vicieux d'échecs a répétition, d'opportunités ratées et manquées. En ce mois d'octobre , mois du rosaire finissant, la bienheureuse Vierge Marie, nous regarde avec un regard et un coeur maternel. Amen. 427/10 ─ Jose Carlos ─ Pour tous mes anciens, qu'ils ont la lumière, le pardon, avec la miséricorde de Jesus. Pour moi José et ma famille la bénédiction et le pardon de Jesus. Pour tous les maladies un souffle de santé et harmonie. Que l'amour de Jesus soit avec tous.227/10 ─ Ewa ─ Que mon fis Adam se convertisse.6