
ECR – Une rentrée pastorale pour se remettre en route ensemble
Annoncer l’Évangile, accueillir celles et ceux qui découvrent la foi, faire vivre une Église où chacune, chacun se sente accueilli.e et trouve sa place, lutter sans relâche contre les abus : telles sont quelques-unes des priorités présentées lors de la rentrée pastorale de l’Église catholique romaine-Genève (ECR). Réunis le 8 septembre pour une journée de communion et de mise en route, la centaine de prêtres, agentes et agents pastoraux et collaborateurs administratifs de l’ECR ont pris le temps de se retrouver, d’échanger et de discerner ensemble les chemins à prendre pour rendre visible, au cœur de la société, le visage et l’amour du Christ.
Tisser et retisser des liens
Après une célébration en l’église du Sacré-Cœur, la journée a fait place à un temps convivial : jeux “brise-glace” pour faire connaissance, accueil des nouveaux collaborateurs, repas partagé. Des moments simples, permettant de tisser ou de retisser les liens entre des personnes qui, au quotidien, ne sont pas toujours amenées à travailler ensemble.
Préparée par une équipe réunissant différents profils, cette journée avait pour objectif de se « lancer dans une nouvelle année au service du Seigneur et de nos prochains », selon les mots d’accueil de la Représentante de l’évêque pour la région de Genève, Fabienne Gigon.
Au cœur de la mission : annoncer l’Évangile
L’annonce de l’Évangile demeure le cœur de la mission de l’Église, a souligné Fabienne Gigon, rappelant les priorités de notre évêque, Charles Morerod.
Dans toutes ses activités, l’Église est appelée à garder cette question en vue : au nom de qui agit-elle et pour quelle mission ? Les différents pôles et services pastoraux ne sont pas une fin en soi, mais des moyens de faire vivre et de rendre accessible la Bonne Nouvelle, l’amour du Seigneur offert, aux différentes étapes et situations de la vie.
Cette mission d’annonce passe aussi par la manière dont l’Église vit et agit. « L’invitation pour chacune, chacun est d’être et de favoriser ensemble un visage crédible et cohérent du Christ », a rappelé Fabienne Gigon.
Pistes pastorales
C’est dans cette perspective que plusieurs pistes pastorales sont mises en route : le développement d’une pastorale des funérailles, le renforcement de l’interculturalité et la mise en place d’une catéchèse capable de rejoindre les différentes générations.
Une attention particulière est portée à l’accompagnement des catéchumènes, ces jeunes et ces adultes de plus en plus nombreux qui demandent le baptême ou la confirmation et cheminent vers la foi chrétienne. Leur parcours ne s’arrête pas avec la célébration des sacrements. La question est aussi de savoir comment les accueillir durablement dans les communautés, les aider à trouver leur place et permettre à leur foi de prendre racine dans les réalités ecclésiales et sociétales. Cette préoccupation rejoint le désir d’une Eglise plus « accueillante » exprimé lors de la session diocésaine 2024-2025 et souligne la priorité de développer la catéchèse intergénérationnelle sur l’ensemble du territoire, avec notamment la présence de coordinateurs ou coordinatrices en catéchèse dans chaque Unité pastorale.
Prévenir les abus et construire une Église sûre
La crédibilité du visage de l’Église passe également par son engagement déterminé dans la lutte contre les abus, a insisté la représentante de l’évêque.
La prévention, le traitement des situations d’abus passées et la formation continue restent des priorités, avec notamment des parcours de formations obligatoires pour l’ensemble des agents pastoraux. Il s’agit de mieux comprendre les mécanismes d’abus, d’identifier les situations à risque et d’adapter les attitudes et les pratiques professionnelles, a rappelé Fabienne Gigon. Prendre soin des personnes et garantir leur sécurité participe pleinement au témoignage que l’Église veut donner de l’Évangile et de l’amour du Christ.
Faire davantage place à une parole collective
Comment la mission pastorale peut-elle être portée collectivement dans des espaces de décision plus larges ?
Dans le contexte de la non-reconstitution du Conseil pastoral cantonal, qui réunissait de nombreux acteurs et actrices de l’Église, le Bureau pastoral souhaite expérimenter une nouvelle formule : les Assemblées d’Église.
Trois après-midis pourraient ainsi être proposés au cours de l’année. Leur objectif serait de réunir largement les personnes engagées dans la vie de l’Église autour d’un thème commun – par exemple la jeunesse ou l’interculturalité – afin de favoriser l’échange, le discernement et la recherche de pistes concrètes.
Une vaste campagne de recherche de fonds
La mission de l’Église repose aussi sur les moyens qui lui permettent d’être présente au quotidien. Le secrétaire général de l’ECR, Frédéric Colleoni – responsable notamment de l’administration, des ressources humaines et de la recherche de fonds – a rappelé que l’Église ne bénéficie pas de subventions publiques ni du Vatican pour assurer sa mission : ce sont les dons des fidèles qui lui permettent de poursuivre ses activités et d’être présente auprès de la population.
Il a présenté la prochaine grande campagne de recherche de fonds, qui se déploiera durant l’Avent dans les paroisses et à travers les différents supports de communication de l’Église.
Le secrétaire général a également illustré un nouvel outil informatique qui permettra notamment de partager les horaires des différents collaborateurs et collaboratrices et de simplifier certaines tâches liées à la comptabilité. Un outil au service d’une organisation plus fluide, afin que les énergies puissent rester prioritairement consacrées à la mission pastorale.
Des ateliers pour discerner ensemble
L’après-midi s’est poursuivie sous la forme d’ateliers inspirés de la « Conversation dans l’Esprit », une manière de favoriser l’écoute mutuelle et le discernement collectif.
Plusieurs thèmes ont été proposés : Comment accompagner les catéchumènes sur le long terme après leur baptême ? Quels enjeux pour une pastorale interculturelle et la collaboration entre paroisses et communautés linguistiques ? Comment encourager et soutenir le bénévolat ? Quelles relations développer entre les Unités pastorales et les services ou aumôneries ? Quelle portée pastorale donner à l’encyclique consacrée à l’intelligence artificielle ?
Des ateliers créatifs et de théâtre ont également permis d’aborder la journée sous d’autres formes.
Une expérience appréciée
Les réactions à l’issue de la journée témoignent d’un accueil largement positif. Plusieurs participantes et participants ont souligné la chaleur des échanges, la possibilité de rencontrer des collègues qu’ils côtoient rarement et l’intérêt et la profondeur des discussions en petits groupes.
Bonne rentrée pastorale à toutes et tous !
SD&C- ECR, septembre 2026
Image: © ECR
